
La compétition de grandes puissances économiques pour le contrôle des minerais dits de transition s’annonce très rude.
Le contrôle des ressources africaines franchit un nouveau cap. Les infrastructures ferroviaires et la logistique sont maintenant des enjeux importants et nœuds d’une guerre silencieuse entre la Chine et le bloc occidental avec les USA en première ligne: Tazara et Lobito, deux corridors majeurs pour l’exportation des minerais de transition notamment le cuivre et le cobalt.
Tazara, l’axe stratégique de Pékin pour le contrôle des exportations
Les iinitiatives de modernisation du Tanzania Zambia Railway (Tazara), chemin de fer visant à renforcer la liaison entre la Zambie et Dar es Salaam illustrent la stratégie chinoise à vouloir contrôler la chaîne des valeurs du cuivre et du cobalt de la RDC et de la Zambie vers les marchés asiatiques. Ce projet estimé à plus d’un milliard de dollars américain bénéficie du soutien des entreprises minières chinoises comme Zijin mining et CMOC group.

Lobito: Le corridor de la contre-offensive occidentale
Dans le but de diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques essentiels à la transition énergétique et donner une réponse musclée à l’expansion chinoise dans le secteur minier africain, les USA et l’union européenne s’alignent dans le développement du corridor de Lobito afin de faciliter l’accès direct à l’océan Atlantique.
La guerre s’intensifie autour de plusieurs enjeux à la fois. Les USA cherchent à réduire la dépendance Occidentale à la Chine, et cette dernière de son côté manœuvre pour consolider sa position dominante dans le secteur minier africain en investissant dans les corridors.
Quels enjeux de souveraineté africaine?
Pendant que ces deux puissances, Chine et USA se disputent la suprématie sur l’exportation des minerais bruts, l’Afrique réfléchit sur comment renforcer sa souveraineté économique.
A l’instar de la RDC, les pays africains ont initié une nouvelle dynamique, celle de la transformation locale. L’Afrique se retrouve à la croisée des chemins des opportunités de développement et des risques de captation des richesses.
La RDC se trouvant de plus en plus au cœur des convoitises, est appellée à renforcer sa politique de gouvernance pour éviter que la multiplication des infrastructures ferroviaires et logistiques l’empêchent de transformer des exportations en lévier économique.
Flore KAYALA MUKALA
