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Tribune: Du pétrole au cobalt, Comment l’Afrique finance sa propre dépendance (Fin). La jeunesse face au défi de transformer ses ressources en puissance.

Posted on 4 mai 2026

Par Mahaman Laouan Gaya

Expert en énergie et pétrole

Ancien Ministre du Niger

L’Afrique possède actuellement au moins 30% des réserves mondiales de pétrole, d’immenses gisements de gaz (même si les statistiques occidentales tendent à sous-estimer délibérément le potentiel en hydrocarbures du continent noir), l’uranium le plus riche de la planète et un potentiel solaire inégalé. Pourtant, plus de 600 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité. En Afrique noire (moins l’Afrique du sud), les coupures d’électricité sont quotidiennes, les industries locales meurent faute d’énergie fiable. Le ‘’déficit‘’ énergétique n’est pas naturel : il est programmé.

Les multinationales exportent la quasi-totalité de la production brute ; les raffineries locales sont rares, obsolètes ou sabotées. Les peuples paient le carburant au prix fort pendant que leur sous-sol enrichit l’Occident. Les statistiques sont accablantes : l’Afrique subsaharienne n’a capté que 2,3% des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables en 2024 ; et ce n’est pas un manque de volonté, mais plutôt un refus délibéré des puissances dominantes de laisser l’Afrique se développer.

Le piège énergétique mondial : transition verte et dette, nouveaux outils de domination
L’impérialisme se modernise.

L’Occident impose une ‘’transition verte‘’ qui sert d’abord ses intérêts. L’Afrique doit abandonner ses hydrocarbures (qu’elle n’a même pas le droit de raffiner) pour des panneaux solaires et des éoliennes… fabriqués en Chine ou en Europe, financés par des prêts odieux (Groupe de la Banque Mondiale, Union Européenne,…).

Résultat : dépendance technologique accrue et dette éternelle. La guerre au Moyen-Orient en 2026 a fait flamber les prix énergétiques ; l’Afrique, otage, subit des pénuries sans pouvoir profiter de ses propres réserves. C’est le piège : on nous vend la ‘’durabilité‘’ pendant qu’on nous vole nos ressources critiques (cobalt, lithium, uranium) pour les batteries et les centrales nucléaires occidentales.

Les sursauts souverainistes au Sahel et ailleurs


Unis au sein de la Confédération de l’AES (Alliance des Etats du Sahel), le Niger, le Mali et le Burkina Faso, montrent la voie avec une détermination historique. Nationalisation des mines, révision radicale des codes miniers et pétroliers, partenariats gagnant-gagnant avec la Russie, la Chine et la Turquie : voilà la souveraineté retrouvée en actes. Les Etats de l’AES ont compris que la vraie indépendance passe par le contrôle total des ressources naturelles extractives.

Malgré les sanctions occidentales et les campagnes de déstabilisation, ils tiennent bon. Ce sursaut n’aurait pas cette force sans le rôle décisif de la jeunesse africaine. Ce sont les jeunes qui, par millions, sont descendu dans les rues pour soutenir les transitions, dénoncer la Françafrique sur les réseaux sociaux, et exiger la rupture avec le néocolonialisme ….surtout français !

Forums des jeunes, manifestations massives, création de contenus panafricains viraux : la jeunesse sahélienne n’est plus spectatrice, elle est le moteur et le garant de cette révolution souverainiste. Elle rejette avec force les élites corrompues d’hier et les modèles démocratiques imposés par l’Occident, qu’elle associe à la prédation et à l’instabilité.

C’est elle qui porte l’imaginaire d’une Afrique libre, industrieuse et fière. Leur exemple inspire aujourd’hui tout le continent : l’Angola, l’Algérie et la RD Congo n’auront bientôt d’autre choix que de renégocier les contrats léonins imposés par les multinationales occidentales.

Unité africaine, industrialisation et multipolarité : la seule issue


Pour briser définitivement le piège énergétique mondial, il faut passer à l’offensive, et c’est la jeunesse qui doit être placée au cœur de cette bataille :

  • Une véritable union africaine énergétique : raffineries communes, grids interconnectés, souveraineté monétaire (fin du Franc CFA),
  • Priorité absolue à l’industrialisation locale : transformer sur place le pétrole brut, le gaz, l’or, le lithium, le coltan, l’uranium, etc… afin de créer des emplois massifs et dignes pour des millions de jeunes,
  • Alliances stratégiques non impérialistes avec les BRICS, la Russie et la Chine, qui n’imposent ni conditions humiliantes ni ingérence politique,
  • Refus catégorique des diktats du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne : ces institutions qui n’ont au grand jamais développé un seul État africain, mais au contraire les ont tous maintenu dans l’esclavage économique et financier par l’austérité, les privatisations forcées, la destruction des subventions et l’endettement perpétuel.
    L’Afrique doit devenir maître de son destin énergétique. C’est une question de survie, de dignité, et surtout d’avenir pour sa jeunesse, qui refuse de rester éternellement au chômage, contrainte à l’émigration forcée ou esclave d’une dette odieuse. La souveraineté énergétique n’est pas un slogan : c’est la condition pour que la jeunesse africaine construise, innove et prospère sur son propre sol.

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Editoriale

Oisillons infos est un média associatif,  branche de l’ASBL Oisillons Group. Elle est dédiée au traitement de l’actualité et des enjeux liés aux ressources naturelles avec un accent particulier sur le secteur média.

Le média propose des analyses et contenus pédagogiques visant à informer et sensibiliser le public sur les enjeux de la gouvernance des ressources naturelles dans une perspective de gouvernance durable.

Notre ligne éditoriale repose sur:

  • Une information rigoureuse et accessible
  • La mise en contexte des faits économiques, sociaux et environnementaux
  • La promotion d’une gouvernance responsable et durable des ressources naturelles.
Flore KAYALA
Journaliste indépendante
Desk: Ressources naturelles et Genre
Coordinatrice ASBL OISILLONS GROUP
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