
La Coalition des organisations de la société civile environnementale de l’Ituri et du Nord Kivu appelle à suspendre
tout nouvel accord pétrolier sans évaluation indépendante des risques transfrontaliers, une annonce faite à travers un communiqué de presse et parvenu à la rédaction de www.oisillonsinfos.org ce 11 Mai 2026.
Les défenseurs de l’or noir en Ituri et au
Nord Kivu se disent préoccupés par l’ouverture le 8 Mai à Kampala, de la session de la commission permanente
mixte RDC-Ouganda prévoyant des discussions autour de six accords bilatéraux entre les deux Pays sur le Pétrole.
D’après les organisations signataires du dit communiqué de presse, ces discussions font craindre une accélération de la coopération pétrolière entre les deux pays sans prise en compte des risques
environnementaux et sociaux pour les communautés riveraines du lac Albert, du lac Édouard et de la rivière Semliki.
Les environnementalistes soulignent que la rivière Semliki en tant qu’affluent majeur du Nil Blanc, constitue un élément hydrologique vital pour plusieurs États de
la région notamment l’Ouganda, la RDC, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie.
Les organisations de la société civile environnementale de l’Ituri et du Nord Kivu
constate qu’aucune étude d’évaluation indépendante, transfrontalière et publique
des impacts des projets Tilenga, Kingfisher et EACOP n’a été réalisée.
Ces projets pétroliers Tilenga, Kingfisher et EACOP développés du côté ougandais, soulèvent déjà de fortes inquiétudes concernant leurs impacts sur les écosystèmes partagés du Graben Albertine.
Les environnementalistes dénoncent également l’absence d’information et de consultation des communautés congolaises concernées.
Le communiqué indique qu’à ce jour les populations riveraines du lac Albert et de la rivière Semliki n’ont bénéficié d’aucune consultation conforme aux principes fu consentement libre, préalable et éclairé.
Signalons que les autorités congolaises et
ougandaises s’apprêtent déjà à discuter
de nouveaux accords dans le secteur des
hydrocarbures, sans garanties claires concernant la surveillance environnementale, la réparation des dommages éventuels ou la protection des communautés affectées.
Au regard de ce manquement, la coalition des organisations de la société civile environnementale de l’Ituri et Nord-Kivu annoncent qu’une action a d’ores et déjà
été introduite devant la Cour de justice
de l’Afrique de l’Est (EACJ) contre les gouvernements de deux Pays.

La coalition appelle solennellement le
Gouvernement de la République démocratique du Congo à suspendre la
signature de tout nouvel accord dans le secteur des hydrocarbures concernant
la zone du lac Albert et de la Semliki.
<< Dans l’attente de la réalisation et de la
publication d’un audit environnemental et
social indépendant des projets Tilenga, Kingfisher et EACOP pour une évaluation de leurs effets cumulés sur les écosystèmes partagés nous demandons que organisée, dans les meilleurs délais, une consultation effective des communautés riveraines, afin de garantir
leur droit à l’information et leur participation aux décisions qui affectent
directement leurs conditions de vie>> Souligne le communiqué.
Exhortant les autorités congolaises à soutenir l’action en justice initiée devant
l’Etat pour un état des lieux des mesures de protection des ressources en eau, de la biodiversité aquatique et des moyens de subsistance des populations de l’Ituri et du Nord-Kivu, la coalition des organisations
de la société civile environnementale de l’Ituri et du Nord-Kivu se dit favorable à une coopération régionale fondée sur la
transparence, le respect des souverainetés et la primauté du droit. <<La terre ne se
négocie pas dans le dos des peuples. Elle
rappelle que les enjeux de développement
économique ne sauraient être dissociés de
l’impérieuse nécessité de protéger durablement les équilibres environnementaux et la dignité des
communautés locales>> Précise le communiqué.
Les activistes rappellent que le lac
Albert, le lac Édouard et la rivière Semliki
ne sont pas des poubelles pour l’industrie
fossile et que la population congolaise ne peut pas être une variable d’ajustement
dans des négociations bilatérales menées sans transparence ni consultation des
communautés concernées. <<Les lacs
Albert et Édouard, la rivière Semliki et leurs ressources halieutiques constituent des
biens communs dont la préservation engage la responsabilité de tous les États riverains>> conclut le communiqué.
Flore KAYALA MUKALA
