
Pendant des décennies, le cuivre et le cobalt ont porté l’industrie minière de la RDC. Aujourd’hui un nouveau métal attire toutes les convoitises: Le lithium, métal indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques.
Ce minerai considéré comme le nouveau moteur de l’économie congolaise devient un véritable enjeu fiscal.
Depuis quelques jours, le Gouvernement Congolais a décidé d’inscrire le lithium parmi les substances minérales stratégiques via un projet de Décret adopté le 29 Mai dernier. Visiblement, les règles du jeu changent.
La hausse de la redevance pourrait génerer des centaines de millions de dollars supplémentaires une fois que le projet Manono lithium entre pleinement en production.
Mais le plus gros défi reste l’efficacité de la collecte.

Risques d’une souveraineté économique proclamée avant exercice.
Dans le débat public, Manono est déjà vendu comme un futur géant de lithium mondial. pourtant sur le terrain, la prudence est encore de mise: Arbitrages juridiques toujours ouverts.
Les débats tournent autour des richesses futures alors qu’elles ne sont pas encore produites. Tout porte à croire que les partenaires industriels avancent plus vite que les institutions publiques.
La présentation du lithium de la RDC comme minerai stratégique va non seulement attirer les investissements étrangers mais aussi intensifier les intérêts géopolitiques.
Cependant croire que tout est déjà gagné avec la production du lithium serait une grosse erreur de la part de la RDC car en plus d’être vulnérable dans les mécanismes fiscaux, le Pays ne contrôle qu’à la marge les chaînes de valeur mondialisées.
Le lithium offre à la RDC certes une belle occasion de renforcer ses finances publiques mais cette opportunité ne sera pleinement saisie que si la réforme fiscale s’accompagne d’une administration plus performante, d’un contrôle rigoureux de la chaîne de valeur et d’une transparence accrue dans la gestion des recettes.
Flore KAYA LA MUKALA
