
Kinshasa le 21.09.2026
Après plus de deux ans de travail, le premier rapport de diagnostic des risques de corruption dans la filière Cuivre-cobalt en RDC entre dans sa phase de suivi.
Présenté par l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (ALPC) avec l’appui technique du Natural Resource Governance Institute (NRGI) , ce travail met en évidence 17 typologies de risques de corruption reparties dans trois domaines clés du secteur minier.
La restitution du premier rapport de diagnostic de corruption organisée ce lundi 21.09.2026 à Kinshasa visait notamment à permettre aux organisations de la société civile de passer en revue les recommandations du diagnostic, d’évaluer leur niveau de mise en œuvre et d’actualiser le plan d’action.
Ouvrant les assises, Moïse Liboto Directeur Pays de NRGI en RDC a expliqué que le diagnostic conduit depuis 2024 avait pour objectif de mieux comprendre les mécanismes de corruption dans le secteur minier et d’identifier les réponses susceptibles d’en limiter les effets.
Ce rapport est donc un premier car d’autres domaines devront faire également l’objet d’analyses ultérieures.

17 Typologies dans trois domaines
Zaïna Pasi représentante de l’APLC a fait l’économie du rapport de diagnostic de corruption en RDC tout en expliquant que diagnostic s’est concentré sur deux provinces minières, le Haut-Katanga et le Lualaba.
Trois domaines ont intéressé les rédacteurs du projet à savoir l’octroi des licences et titres miniers, la gestion des entreprises minières publiques ainsi que la gouvernance environnementale et sociale.
<< Nous avons recouru aux revues documentaires et entretiens pour identifier un total de 17 typologies dont 5 liées à l’octroi des licences et titres, six à la gestion des entreprises publiques et six autres aux études d’impact environnemental et social EIES>> a-t-elle expliqué.
Analyses des risques
Parmi les risques relevés figurent notamment dans :
- L’octroi des licences et titres: L’absence d’appel d’offres, les pratiques de gré à gré, les paiements illicites, la manipulation des EIES ainsi que les risques de conflit d’intérêts et favoritisme.
- La gestion des entreprises publiques, le diagnostic relève les risques liés à la cession sous-évaluée d’actifs miniers, au manque de traçabilité de certains paiements et bonus, aux dépenses Hors circuit ou quasi-budgétaires et à l’insuffisance de transparence sur les bénéficiaires effectifs.
- Le troisième domaine concernant les EIES, les risques identifiés portent notamment sur la falcification des documents ou certificats, le contournement des règles relatives à la sous-traitance et le non-respect de certaines obligations sociétales.
Au-delà des manifestations de la corruption, le diagnostic a également mis en évidence des causes structurelles, systémiques et conhonturelles susceptibles de favoriser ces pratiques.
Du diagnostic au plan d’action, la séance de ce lundi ne s’est toutefois pas limité à présenter les résultats. Les participants ont procédé à une revue des recommandations afin d’identifier les actions déjà réalisées, celles qui restent à mettre en œuvre et les opportunités permettant d’accélérer leur application.
Parmi les pistes mises en avant, figurent la digitalisation et la transparence des informations sur le bénéficiaires effectifs, le renforcement du recours aux appels d’offres, l’accélération de la publication des contrats ainsi qu’une meilleure interconnexion entre les différentes institutions intervenant dans la gouvernance minière et la lutte contre la corruption.
Les échanges ont également porté sur les réformes en cours notamment autour du cadre anticorruption, ainsi que sur la nécessité d’une plus grande cohésion entre les institutions publiques afin de limiter les espaces de vulnérabilité.

Signalons que dans le cadre de la lutte contre la corruption, l’APLC a mis en place un dispositif de signalement << L’application Tofongola misu>> qui va peremttre aux citoyens « Aviseurs » de transmettre des informations et des éléments de preuve sur les faits présumés de corruption. L’objectif est de permettre aux autorités compétentes d’examiner ces dénonciations, et lorsqu’elles sont suffisamment étayées, d’engager les démarches appropriées.
NRGI et APLC entendent donc faire du diagnostic non seulement un simple état des lieux de corruption mais un instrument de la réforme, de prévention et de récupération des ressources susceptibles d’échapper à l’Etat et aux populations.
Flore KAYALA MUKALA
