
Des enquêtes de terrain pour comprendre les attentes, les défis et les besoins des femmes avant d’agir
Dans le cadre de la mise en oeuvre de son projet: « SAFE HER : projet de réduction de la stigmatisation et amélioration de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive des femmes professionnelles du sexe en République démocratique du Congo », ORPH’ESPOIR ASBL a placé l’écoute des cibles concernées au cœur de sa démarche. Des enquêtes et consultations de terrain ont ainsi été menées auprès des femmes déplacées à la suite de la délocalisation de Pakadjuma, notamment les professionnelles du sexe, au début de mois de septembre, afin de mieux comprendre leurs réalités, leurs attentes et les difficultés auxquelles elles sont confrontées. Cette étape de diagnostic participatif devait permettre de construire une intervention plus proche des besoins exprimés par les femmes elles-mêmes.
Aller à la rencontre des femmes pour comprendre une réalité bouleversante
La délocalisation de Pakadjuma par les autorités urbaines a profondément modifié l’environnement dans lequel vivaient et travaillaient de nombreuses femmes, notamment les professionnelles du sexe, premières bénéficiaires du projet SAFE HER. .Le déplacement et la dispersion des communautés ont fragilisé les repères habituels et les réseaux de solidarité. , Face à cette nouvelle réalité ORPH’ESPOIR a choisi d’aller directement à la rencontre des femmes concernées plutôt que de concevoir le projet sans leur participation.
Les consultations ont réuni plus de 80 professionnelles du sexe et combiné échanges communautaires, entretiens individuels et collecte de témoignages. Cette démarche a permis de faire émerger leurs expériences , leurs préoccupations quotidiennes ainsi que leurs attentes en matière des services et des mécanismes d’accompagnement.
Des besoins qui touchent à la santé, aux droits et à l’autonomie financière
Les échanges ont notamment porté sur les principales thématiques qui structurent SAFE HER : les droits humains, la santé sexuelle et reproductive, le leadership, le plaidoyer et l’autonomisation financière. ORPH’ESPOIR a invité les participantes à faire connaître les difficultés rencontrées quant à l’accès à l’information et aux services de santé, leurs préoccupations en matière de dignité et de protection, ainsi que leurs attentes en ce qui concerne l’autonomie financière.
La démarche a également permis de mieux comprendre l’importance d’un accompagnement de proximité, porté par des femmes relais capables de maintenir le lien avec leurs pairs, de diffuser l’information et d’orienter les femmes vers les services appropriés.

Des témoignages pour éclairer l’action
Au-delà de la collecte de données, les entretiens individuels ont donné une place aux parcours et aux expériences personnelles. La collecte de témoignages a constitué l’épine dorsale de la documentation devant conduire au choix des priorités du projet.
Pour ORPH’ESPOIR, cette démarche impliquant directement les femmes déplacées de Pakadjuma est une manière pour l’ONG, de mettre les professionnelles du sexe au centre du projet en tant qu’actrices capables d’identifier leurs besoins, de proposer des solutions et de contribuer à leur mise en œuvre.
Du diagnostic participatif à une réponse adaptée
Les résultats et enseignements issus de cette phase préparatoire ont servi de base pour une bonne orientation des activités de SAFE HER. Les besoins de renforcement des femmes relais en droits humains, santé sexuelle et reproductive, leadership, plaidoyer et activités génératrices de revenus, ainsi que la sensibilisation communautaire et la communication ont été ainsi identifiés.
En outre, ORPH’ESPOIR entend s’engager dans l’accompagnement des AGR, le renforcement du référencement vers les services de santé et dialogue avec les personnels de santé afin de favoriser une prise en charge respectueuse, confidentielle et non discriminatoire.

Une parole qui devient un levier de changement
Les enquêtes de terrain ayant constitué une première étape vers une meilleure compréhension des réalités vécues par les professionnelles de sexe ouvre la voie à la construction de réponses plus adaptées. Selon ORPH’ESPOIR ASBL, l’enjeu est désormais de transformer cette connaissance en actions concrètes et durables, afin que les femmes puissent mieux acquérir les connaissances en matière des droits, d’ accéder aux services dont elles ont besoin, de renforcer leur autonomie économique et de développer leur capacité collective à porter leur voix.
La rédaction
