
A travers une série de formations organisée à Kinshasa, l’ONG Orph’Espoir accompagne les femmes déplacées internes du quartier Pakadjuma pour améliorer leur santé, renforcer leur leadership et leur accès aux services de santé sexuelle et reproductive.
Durant tout le mois de Septembre 2026, l’ONG ORPH’Espoir a organisé une série de formations en faveur des femmes déplacées internes du quartier Pakadjuma dans la commune de Kinshasa. Avec comme objectifs de renforcer les droits, le leadership, l’accès aux soins de santé et l’autonomie financière, des professionnelles du sexe, ces formations , organisées dans le cadre du projet de la réduction de la stigmatisation et amélioration de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive du sexe en RDC (Safe Her) ont constitué une étape importante dans une intervention qui entend faire des femmes concernées des actrices de changement au sein des communautés.
Des échanges au cœur des réalités
Les participantes ont été invitées à échanger autour de plusieurs thématiques directement liées à leur quotidien. Les discussions ont notamment porté sur les droits humains, la dignité, l’accès aux droits et les mécanismes permettant de mieux faire face aux situations de discrimination ou de vulnérabilité. Le volet consacré à la santé sexuelle et reproductive (SSR) a permis d’aborder les enjeux liés à l’accès à l’information et aux services de santé, ainsi que l’importance pour les femmes, notamment les professionnelles du sexe, de pouvoir bénéficier d’une prise en charge respectueuse, confidentielle et exempte de jugement.
L’approche retenue a privilégié la participation et le partage d’expériences. Les bénéficiaires ont pu poser leurs questions, partager leurs préoccupations et confronter leurs expériences afin d’identifier collectivement des pistes de solutions.

Un accompagnement pour des femmes plus fortes
Du statut des bénéficiaires à celui de leader, l’un des temps forts de l’atelier a porté sur le leadership féminin. Dans un contexte où les professionnelles du sexe sont souvent confrontées à l’exclusion et à la stigmatisation, le renforcement de leur confiance, de leur capacité d’organisation et de leur aptitude à porter la voix de leurs pairs constitue un enjeu majeur. Les échanges ont ainsi encouragé les participantes à prendre davantage conscience de leur capacité à devenir des femmes relais, capables de sensibiliser leurs pairs, mais aussi de revendiquer leurs droits et de contribuer au changement au sein de leurs communautés.
Cette dimension est au cœur du projet SAFE HER, qui prévoit que les femmes relais formées puissent ensuite contribuer aux actions de sensibilisation auprès de leurs pairs.
Apprendre à porter sa voix et à défendre ses droits
Les formations ont consacré une place importante au plaidoyer. Les participantes ont été sensibilisées à l’importance de faire entendre leurs préoccupations auprès des acteurs susceptibles d’influencer leur accès aux services, leur sécurité et leurs conditions de vie.
À travers les échanges, les bénéficiaires ont été encouragées à passer d’une logique individuelle à une dynamique davantage collective : identifier les problèmes, formuler des revendications, mobiliser les communautés et dialoguer avec les acteurs concernés.

L’autonomie économique au cœur des préoccupations
La question de l’autonomisation économique était également au centre du débat. D’après ORPH’ESPOIR, renforcer les droits et le leadership des femmes doit aller de pair avec la recherche de solutions permettant de réduire leur vulnérabilité économique.
Ces ateliers ont ainsi introduit la réflexion autour des activités génératrices de revenus (AGR) et des possibilités permettant aux participantes de développer progressivement des alternatives économiques.
L’aspect économique est très important dans le contexte de la délocalisation de Pakadjuma, qui a fragilisé les conditions de vie et les réseaux socio-économiques de nombreuses femmes.
Des kits pour passer de la formation à l’action
Pour joindre l’utile à l’agréable, les kits commerciaux destinés à soutenir la création d’activités génératrices de revenus ont été distribués à toutes les femmes sensibilisées.
« Ces kits viennent donner une dimension concrète à la formation . Au-delà des connaissances acquises, les bénéficiaires disposent désormais de premiers moyens matériels susceptibles de les aider à initier ou à renforcer leurs activités économiques » a déclaré Laetitia Mukuendele, l’ une des responsables l’ASBL.
En plus des kits commerciaux, des kits de dignité et d’hygiène ont également été distribués aux participantes.
Les responsables d’Orph’Espoir ont déclaré: » ces kits constituent un geste concret en faveur du bien-être et de la dignité des femmes, particulièrement important dans un contexte de précarité et de déplacement ».
Une initiative accueillie favorablement
Tout au long de ces formations, les participantes se sont montrées très intéressées à travers leur participation active dans les échanges, les questions et surtout , leurs partages d’expérience.
Les différentes thématiques abordées ont permis de relier les connaissances théoriques aux réalités quotidiennes vécues par les femmes. La combinaison entre formation, leadership, plaidoyer et autonomisation économique a particulièrement donné du sens à l’intervention : les participantes ont pu réfléchir simultanément à leurs droits, à leur santé, à leur capacité d’action collective et aux moyens de renforcer leur autonomie.
ORPH’ESPOIR ASBL précise que ce projet ne constitue pas une finalité en soi. Il est une étape dans la construction d’un réseau de femmes relais capables de maintenir le lien avec leurs communautés, de sensibiliser leurs pairs et de contribuer à la défense de leurs droits.
La rédaction
