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RDC: Avec le projet REBOND, RCN mise sur une justice qui réinsère les jeunes en conflit avec la loi.

Posted on 23 octobre 2026

Kinshasa 22 Octobre 2026.

Comment éviter que les jeunes en conflit avec la loi ne replongent dans la violence après leur passage devant la justice ?

C’est la question au cœur du projet REBOND, dont l’atelier d’évaluation, de capitalisation et de pérennisation des acquis s’est clôturé ce Jeudi 22 Octobre 2026 au centre catholique saint Pierre Claver dans la commune de la Gombe dans la ville province de Kinshasa.

À quelques jours de la fin du projet prévue pour fin Octobre, les acteurs de la justice, les autorités communales, les policiers et les travailleurs sociaux ont pris des engagements visant à prolonger les acquis et renforcer les perspectives de réinsertion.

De la réponse pénale à la réinsertion

Financé par Bruxelles capitale Internationale (BCI) en cofinancement avec la Direction générale de la cooperation au développement de l’aide humanitaire (DGD) , le projet REBOND est mis en œuvre par RCN Justice et Démocratie en collaboration avec ses partenaires CATSER et CDJP.

Le projet vise l’amélioration du traitement institutionnel réservé aux jeunes en conflit avec la loi communément appelés <> et favoriser leur réinsertion durable grâce à un accompagnement psychosocial et à des formations professionnelles adaptées.

Innocent Dunia coordinateur de RCN Justice et Démocratie a expliqué que le projet est né d’un constat: La réponse exclusivement répressive ne suffit pas à traiter les causes et les conséquences de la délinquance juvénile. <<On peut bien porter plainte ou faire une dénonciation pour une infraction. On va saisir le prévenu ou le suspect, il va être entendu sur PV mais il y a certaines dimensions que le procès ne prend pas en compte notamment les aspects psychologiques, sociaux,professionnels ou économiques>> A-t-il expliqué.

Selon Mr Dunia, l’absence des perspectives peut enfermer certains jeunes dans une spirale de violence, accentuant les tensions entre eux et les forces de l’ordre. D’où la nécessité de compléter le travail de la police et la justice par des mécanismes d’accompagnement susceptibles de leur offrir une autre vie.

Quatre commissions pour pérenniser les acquis

La deuxième et dernière journée de l’atelier a été marquée par des travaux en groupe. Au total quatre commissions portant sur les thématiques : Justice et pratiques professionnelles, accompagnement psychosocial, réinsertion socioéconomique ainsi que le réfferencement et coordination, ont réfléchi à la suite des activités après le projet.

Plusieurs engagements en guise des recommandations et actions à mener ont été présentés en plénière.

Du côté de la Commission Justice et paix, il a été retenu le monitoring ou le suivi des conditions légales de détention et la poursuite des décentes sur terrain au moins 2 fois par Mois pour le trimestre suivant la clôture du projet.

Pour leur part, les autorités communales et OMP ont souligné l’importance d’accompagner la réinsertion des jeunes, de suivre régulièrement leurs activités et de poursuivre le renforcement des capacités des OPJ. Ils ont également plaidé pour que les OPJ, les procureurs et les bourgmestres soient dotés d’outils de travail adaptés.

Le suivi psychosocial, maillon essentiel de la réinsertion

Les travailleurs sociaux de rue (TSR) estiment que la pérennisation des acquis doit passer par un accompagnement de proximité. Dans leur restitution, ils préconisent notamment des visites à domicile, des évaluations régulières de la situation des jeunes et un meilleur partage d’informations et des rapports avec la Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP).

Les TSR envisagent également l’Organisation d’une journée portes ouvertes afin de rendre public le travail accompli auprès des jeunes accompagnés. Cependant ils ont exprimé le besoin d’être formés sur les ABC de la protection des jeunes en conflit avec la loi.

Madame Isabelle Ngondo, travailleuse sociale de rue au sein de CATSER a indiqué que les fiches transmises par la CDJP ont permis à son équipe de mener des enquêtes de terrain, rencontrer des jeunes qui ont finalement été orientés vers des formations professionnelles qu’ils ont choisies en fonction de leurs intérêts en vue d’une autonomisation. <<Des adresses étaient parfois imprécises, de fois on mettait 2 à 3 jours pour un seul enfant. Et certaines familles n’ont pas collaboré>> A-t-elle relevé.

Madame Isabelle a émis le vœu de voir le projet s’étendre à d’autres communes de la ville de Kinshasa pour permettre l’élargissement de l’accès de l’accompagnement des jeunes.

La police appelée à consolider les changements de pratique

À son tour, la quatrième Commission composée essentiellement des policiers a pris l’engagement de poursuivre le contrôle régulier des activités des OPJ, de respecter les droits des personnes arrêtées, de protéger les enfants et surtout de respecter les procédures légales.

À en croire les propos du commissaire Franck Mampasi, OPJ au Commissariat de Bumbu, les jeunes concernés doivent être récupérés, vers des structures de prise en charge et formés afin de prévenir leur retour aux actes qui les ont conduit devant la justice.

RCN Justice et Démocratie plaide pour la continuité du projet

À l’approche de la clôture, RCN entend assurer le suivi des engagements pris et rendre compte des résultats obtenus auprès de ses partenaires et bailleurs.

<<Pour RCN, nous avons un devoir de redevabilité envers les bailleurs et nos partenaires. Il est de notre devoir de retourner dans les différentes maisons communales où le projet a été lancé afin de présenter le rapport final et les résultats du projet>> Souligne Mr Innocent Dunia.

Il précise que le rapport final attendu dans le prochain semestre présentera les activités réalisées ainsi que les perspectives envisagées à l’issue de l’Atelier.

RCN Justice et Démocratie s’engage à mobiliser des fonds auprès des bailleurs disponibles et espère obtenir l’appui de la DGD pour l’Organisation de nouvelles réunions de réflexion avec les parties prenantes. Ces réunions permettraient notamment de partager les engagements pris et d’en évaluer la mise en œuvre.

Retenons qu’au-delà des activités, l’enjeu du projet REBOND est de faire émerger une réponse coordonnée à la délinquance juvénile qui associe Justice, protection, accompagnement psychosocial et autonomisation économique.

Pour RCN Justice et Démocratie il ne s’agit pas de se substituer aux institutions judiciaires moins encore à celles policières mais de compléter leurs actions par des mécanismes capables d’offrir aux jeunes de 12 à 25 ans des perspectives différentes.

Flore KAYALA MUKALA

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Flore KAYALA
Journaliste indépendante
Desk: Ressources naturelles et Genre
Coordinatrice ASBL OISILLONS GROUP
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