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Climat et Résilience: Comment la culture des algues marines autonomise les femmes et soutient l’action climatique le long de la côte Swahilie en Tanzanie(Enquête)

Posted on 29 janvier 2026
Featured Photo Credit : Loshni Rodhia, Reef Resilience Network

Auteurs : Gerald Sumari et Moses Kulaba, Centre pour la gouvernance et la politique économique

Le changement climatique a gravement affecté les moyens de subsistance des populations côtières en raison de la diminution des stocks de poissons, de la dégradation des écosystèmes et de la hausse des températures océaniques, ce qui a eu un impact disproportionné sur les femmes des communautés de pêcheurs. La culture des algues est apparue comme un moyen de subsistance alternatif qui assure la stabilité des revenus, renforce l’égalité des sexes et fournit des services écosystémiques tels que la capture du carbone, la protection du littoral et la réduction de l’acidification des océans.

Le changement climatique mondial est devenu l’un des défis les plus urgents auxquels sont confrontées les communautés côtières du monde entier, en particulier dans les pays en développement où les moyens de subsistance sont étroitement liés à des écosystèmes marins fragiles. La hausse de la température de la surface de la mer, l’acidification des océans et la destruction des habitats côtiers ont considérablement affecté la productivité des pêcheries et la stabilité socio-économique des communautés dépendantes des ressources marines (GIEC, 2019). En Tanzanie, l’ ne côtière swahilie, qui s’étend sur 1 424 kilomètres et englobe des régions clés telles que Tanga, Bagamoyo, Lindi, Mtwara et l’archipel de Zanzibar, est de plus en plus vulnérable à ces perturbations liées au climat (FAO, 2020). Les communautés de pêcheurs, qui constituent depuis longtemps le pilier des économies côtières, sont confrontées à la diminution des stocks de poissons, à l’irrégularité des cycles saisonniers et à la dégradation des écosystèmes. Ces changements ont eu un impact disproportionné sur les femmes, qui sont souvent reléguées à des rôles secondaires dans le secteur de la pêche, mais qui assument la responsabilité principale de l’alimentation des ménages et de la diversification des revenus.

La culture des algues est apparue comme une stratégie de subsistance alternative prometteuse pour les femmes des zones côtières en Tanzanie. Au-delà d’une source de revenus supplémentaire, elle est devenue une activité économique importante à Zanzibar, où elle occupe la troisième place parmi les sources de revenus et représente environ 90 % des exportations marines (Msuya, 2013). Cette croissance met en évidence le potentiel de la culture des algues marines, non seulement comme moyen d’autonomisation économique des femmes, mais aussi comme facteur important d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Du point de vue climatique, l’aquaculture des algues marines contribue à la séquestration du carbone en absorbant le dioxyde de carbone atmosphérique et en le stockant dans la biomasse et les sédiments, tout en fournissant des services écosystémiques tels que la protection du littoral et la réduction de l’acidification des océans (Krause-Jensen & Duarte, 2016).

Malgré ce potentiel, la culture des algues en Tanzanie n’est pas encore pleinement reconnue ni développée en tant que secteur économique durable. Les efforts actuels restent fragmentés, largement menés par des organismes donateurs et des initiatives philanthropiques, avec une intégration stratégique limitée dans les politiques nationales relatives au milieu marin et au changement climatique. En outre, les femmes agricultrices sont confrontées à des obstacles tels qu’un soutien institutionnel faible, des connaissances techniques limitées et un accès restreint aux marchés et au financement, qui limitent leur capacité à augmenter leur production et à maximiser les avantages climatiques et économiques.

Cette étude vise donc à explorer le lien entre la culture des algues, l’autonomisation économique des femmes et la séquestration du carbone le long de la côte swahilie de Tanzanie. Plus précisément, elle examine les opportunités économiques créées pour les femmes des zones côtières grâce à la culture des algues, les avantages climatiques associés à la séquestration du carbone et les lacunes institutionnelles et politiques qui entravent la croissance du secteur. En situant la culture des algues dans le cadre de l’économie bleue et de la résilience climatique, l’étude vise à fournir des informations et des recommandations fondées sur des données probantes afin de développer ce secteur comme une voie de transformation pour l’autonomisation des femmes et l’adaptation au changement climatique en Tanzanie.

  1. Culture des algues et séquestration du carbone

La culture des algues désigne la culture de macroalgues marines dans les eaux côtières peu profondes, souvent à l’aide de cordes, de pieux ou de radeaux pour faciliter leur croissance. Contrairement à la récolte sauvage, qui peut contribuer à l’épuisement des stocks naturels, la culture des algues marines constitue un moyen de production durable présentant des avantages tant économiques qu’écologiques. À l’échelle mondiale, la culture des algues est devenue une industrie de plusieurs milliards de dollars, produisant plus de 35 millions de tonnes par an et fournissant des matières premières aux industries alimentaire, pharmaceutique, cosmétique et des biocarburants (FAO, 2022).

D’un point de vue environnemental, la culture des algues est de plus en plus reconnue comme un contributeur important au cadre du carbone bleu. Grâce à la photosynthèse, les algues absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère et de l’océan, le convertissant en biomasse. Une partie de ce carbone capturé est séquestrée par stockage à long terme dans les sédiments ou par exportation vers les eaux profondes de l’océan. Krause-Jensen et Duarte (2016) estiment que les écosystèmes d’algues marines contribuent de manière substantielle à la séquestration mondiale du carbone, les forêts et les fermes de macroalgues agissant comme des puits de carbone. Bien que le potentiel exact de séquestration varie selon les espèces et les lieux, de nouvelles preuves suggèrent que la culture à grande échelle pourrait compenser de manière significative les émissions de gaz à effet de serre.

Au-delà de la séquestration du carbone, la culture des algues offre des avantages en matière d’adaptation aux écosystèmes et aux communautés côtiers. Les fermes d’algues réduisent l’énergie des vagues, protégeant ainsi les côtes de l’érosion. Elles augmentent également le pH de l’eau locale, atténuant l’acidification des océans, et améliorent les niveaux d’oxygène, ce qui favorise la biodiversité et réduit le risque d’hypoxie. Ces services écosystémiques font de la culture des algues une solution naturelle qui permet à la fois d’atténuer et de s’adapter au changement climatique.

En Tanzanie, la culture des algues, en particulier à Zanzibar et à Pemba, a démontré le double avantage de la durabilité écologique et de l’autonomisation socio-économique. Cependant, malgré son potentiel à contribuer aux contributions déterminées au niveau national (CDN) du pays dans le cadre de l’accord de Paris, l’aquaculture des algues n’a pas encore été pleinement intégrée dans les cadres politiques climatiques. Grâce à une meilleure reconnaissance, à des investissements et à des recherches sur les méthodologies de comptabilisation du carbone, la culture des algues pourrait positionner la Tanzanie comme un leader régional dans le domaine du carbone bleu et des pratiques aquacoles durables.

  1. Lien entre le changement climatique, la culture des algues et la séquestration du carbone

Le lien entre le changement climatique, la culture des algues et la séquestration du carbone représente une intersection cruciale entre la durabilité environnementale, la résilience économique et l’autonomisation des femmes. Le changement climatique a exacerbé les défis auxquels sont confrontées les communautés côtières en Tanzanie, notamment la diminution des stocks de poissons, l’intrusion d’eau salée et la vulnérabilité accrue aux tempêtes et à l’érosion côtière (GIEC, 2019). Ces pressions ont accru la vulnérabilité économique et sociale des femmes, qui sont souvent responsables des moyens de subsistance du ménage mais ont un accès limité aux ressources productives.

La culture des algues marines offre une voie d’adaptation importante, permettant aux femmes de diversifier leurs sources de revenus en dehors de la pêche et de réduire leur dépendance à l’égard des stocks halieutiques en déclin. En se lançant dans la culture des algues marines, les femmes peuvent non seulement compléter les revenus du ménage, mais aussi améliorer la sécurité alimentaire, l’éducation et la santé au sein de leurs communautés (Msuya, 2013). Cette diversification renforce la résilience des ménages face aux chocs climatiques, tout en améliorant le pouvoir d’action des femmes dans la prise de décisions économiques.

Parallèlement, la culture des algues contribue directement à l’atténuation du changement climatique grâce à la séquestration du carbone. Les algues absorbent des quantités importantes de dioxyde de carbone, qui peuvent être stockées dans leur biomasse ou transférées vers les puits océaniques profonds lorsque des fragments se détachent et sont transportés au large (Krause-Jensen & Duarte, 2016). De cette manière, les fermes d’algues agissent comme des puits de carbone localisés qui contribuent à compenser les émissions de gaz à effet de serre. En outre, la culture des algues améliore la santé écologique des zones côtières en amortissant l’énergie des vagues, en fournissant un habitat aux espèces marines et en maintenant les fonctions écosystémiques essentielles à la biodiversité côtière.

Ce lien illustre donc un double dividende : tandis que les femmes bénéficient de meilleures opportunités économiques et d’une plus grande autonomisation, les communautés et les écosystèmes bénéficient de services améliorés de stockage du carbone et d’adaptation au climat. L’intensification de la culture des algues le long de la côte swahilie peut ainsi créer des gains synergiques qui répondent à la fois à l’équité sociale et à la durabilité environnementale, conformément aux engagements de la Tanzanie envers les objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 5 (égalité des sexes), l’ODD 13 (action pour le climat) et l’ODD 14 (vie sous l’eau).

  1. Culture des algues et opportunités d’autonomisation économique pour les femmes des zones côtières

La culture des algues est devenue l’un des moyens de subsistance les plus importants pour les femmes le long de la côte swahilie de Tanzanie. Traditionnellement marginalisées dans le secteur de la pêche, les femmes se tournent de plus en plus vers la culture des algues comme alternative offrant une plus grande autonomie, une stabilité des revenus et une reconnaissance sociale. À Zanzibar, où cette pratique est la plus développée, les femmes constituent la majorité des cultivateurs d’algues et contribuent de manière substantielle aux revenus des ménages (Msuya, 2013).

Sur le plan économique, la culture des algues offre aux femmes un moyen relativement peu coûteux de se lancer dans cette activité, qui nécessite un investissement en capital limité et des connaissances techniques de base. Une fois établies, les fermes d’algues génèrent des revenus réguliers grâce à la vente d’algues séchées sur les marchés nationaux et internationaux. Selon les estimations actuelles, les agricultrices de Zanzibar peuvent gagner entre 70 et 100 dollars américains par mois, en fonction des rendements et des prix du marché (FAO, 2020). Bien que ce revenu soit modeste, il représente un complément essentiel dans les communautés où les autres possibilités d’emploi sont rares.

Au-delà de la génération de revenus, la culture des algues a des implications plus larges pour l’autonomisation des femmes. Les revenus tirés de la vente d’algues permettent aux femmes d’investir dans l’éducation de leurs enfants, d’améliorer la sécurité alimentaire de leur foyer et d’accéder à des services de santé. Dans certaines communautés, les femmes qui cultivent des algues ont déclaré avoir un plus grand pouvoir de décision au sein de leur foyer et des organisations communautaires, ce qui marque un changement dans la dynamique de genre traditionnellement dominée par les hommes (Lugomela et al., 2021). La culture des algues est donc devenue un moyen non seulement d’assurer la résilience économique, mais aussi de faire progresser l’égalité des sexes le long du littoral tanzanien.

En outre, la demande mondiale croissante de produits dérivés des algues, notamment les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et les biocarburants, offre un potentiel important de valeur ajoutée. Avec un soutien adéquat en matière de transformation, de stratégie de marque et de commercialisation, les agricultrices tanzaniennes pourraient tirer une plus grande valeur de leurs produits, dépassant le stade de l’exportation de matières premières pour conquérir des marchés internationaux de niche. Une telle transition renforcerait encore l’autonomisation économique des femmes et positionnerait la culture des algues comme un secteur compétitif dans le cadre de l’économie bleue de la Tanzanie.

Néanmoins, des défis subsistent. La volatilité des prix sur les marchés internationaux, le pouvoir de négociation limité et l’absence de structures coopératives réduisent la rentabilité des femmes. En outre, l’accès insuffisant au crédit et aux technologies agricoles modernes limite la productivité. Ces défis soulignent la nécessité d’interventions politiques ciblées et d’un soutien institutionnel pour renforcer le rôle de la culture des algues en tant que moteur de l’autonomisation des femmes et du développement durable des zones côtières.

  1. Lacunes en matière de politiques et de pratiques

Malgré son potentiel économique et écologique, la culture des algues le long de la côte swahilie de la Tanzanie est confrontée à d’importantes lacunes en matière de politiques et de pratiques qui limitent sa croissance en tant que secteur durable. Ces défis peuvent être classés en quatre grandes catégories : institutionnel, technique, financier et environnemental.

Lacunes institutionnelles : la culture des algues reste faiblement intégrée dans les politiques maritimes et aquacoles plus larges de la Tanzanie. Si Zanzibar a réalisé des progrès notables, l’absence d’une stratégie nationale globale en matière d’algues marine compromet les efforts visant à développer le secteur. La mise en œuvre des politiques est fragmentée, avec une coordination limitée entre les agences gouvernementales, les instituts de recherche et les partenaires de développement.

Lacunes techniques : les agricultrices ont souvent recours à des méthodes traditionnelles à faible rendement et ont un accès limité aux technologies agricoles améliorées et aux variétés de semences résistantes. La hausse de la température de la surface de la mer et le réchauffement des océans ont également affecté les rendements en affaiblissant la productivité des espèces couramment cultivées, telles que Eucheuma spinosum et Kappaphycus alvarezii. Sans investissement dans la recherche et l’innovation, les agriculteurs restent vulnérables à la baisse de production induite par le changement climatique.

Lacunes financières : L’accès au financement reste un obstacle majeur pour les agricultrices, qui manquent souvent de garanties et de connaissances financières pour obtenir des prêts auprès d’institutions formelles. La dépendance du secteur à l’égard des projets financés par des donateurs a créé une incertitude, avec peu de mécanismes de financement durables disponibles pour étendre la superficie agricole, adopter de nouvelles technologies ou investir dans la valeur ajoutée. L’accès limité aux structures coopératives et à la négociation collective affaiblit encore la position des femmes sur le marché.

Lacunes environnementales : la concurrence avec les industries du tourisme et de la pêche pour l’espace côtier, associée à la dégradation de l’environnement, réduit la disponibilité des zones agricoles appropriées. Le changement climatique continue d’exacerber ces défis en raison de l’augmentation de la température des océans, de la modification des marées et de la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes, qui ont tous un impact sur les rendements des algues et la stabilité des exploitations.

Des données comparatives provenant du Kenya et de Madagascar suggèrent que des cadres politiques plus solides, des investissements dans des programmes de culture d’algues et le développement de coopératives dirigées par des femmes peuvent considérablement améliorer la résilience du secteur. Cependant, sans réformes similaires en Tanzanie, la culture des algues restera sous-développée, empêchant les femmes des zones côtières de tirer pleinement parti de ses avantages économiques et climatiques.

  1. Recommandations

Afin de libérer tout le potentiel de la culture des algues pour l’autonomisation économique des femmes et la résilience climatique le long de la côte swahilie de la Tanzanie, un ensemble de recommandations ciblées est nécessaire. Ces mesures doivent s’attaquer aux obstacles institutionnels, techniques, financiers et environnementaux, tout en s’alignant sur les priorités nationales en matière de développement et les objectifs mondiaux de durabilité.

1. Formation et renforcement des capacités : renforcer la formation technique des agricultrices aux techniques aquacoles modernes, aux variétés de semences résilientes et aux pratiques de gestion agricole. Les programmes de renforcement des capacités devraient également inclure la gestion d’entreprise, le marketing et l’éducation financière afin d’améliorer la stabilité des revenus et le pouvoir de négociation.

2. Réforme des politiques et soutien institutionnel : élaborer une stratégie nationale globale pour la culture des algues qui positionne le secteur dans le cadre de l’économie bleue de la Tanzanie. Les réformes politiques devraient améliorer la coordination entre les agences gouvernementales, les instituts de recherche, les acteurs du secteur privé et les organisations de femmes afin de créer un environnement propice à la croissance du secteur.

3. Augmentation de la production et de la valeur ajoutée : encourager l’expansion de la superficie agricole tout en soutenant les investissements dans la transformation, le conditionnement et la valeur ajoutée de produits tels que les cosmétiques, les produits pharmaceutiques et les biocarburants. Cela permettrait aux femmes de tirer une plus grande valeur ajoutée au-delà des exportations de matières premières.

 Mécanismes de financement et d’investissement : mettre en place des produits financiers adaptés, tels que des programmes de microcrédit et des fonds coopératifs pour les femmes, afin de combler les lacunes de financement du secteur. L’accès au financement climatique et aux crédits carbone bleu devrait également être exploré afin de rémunérer les femmes pour les avantages de la séquestration du carbone liés à la culture des algues.

5. Recherche et développement : investir dans la recherche sur les espèces d’algues résistantes au climat, la gestion des maladies et les méthodologies de comptabilisation du carbone. Il convient de promouvoir les partenariats avec les universités, les instituts de recherche internationaux et les organisations régionales afin de renforcer la base de connaissances.

6. Gestion environnementale et zonage côtier : introduire des pratiques de gestion côtière intégrée qui équilibrent la culture des algues avec les besoins du tourisme, de la pêche et de la conservation. Des cadres clairs de zonage et de surveillance environnementale permettraient de minimiser les conflits et de protéger les écosystèmes marins.

  1. Renforcer l’association des femmes cultivatrices d’algues, en tant que vecteur de dialogue avec les décideurs politiques et les autres parties prenantes, tout en protégeant les intérêts des femmes cultivatrices d’algues. Les réseaux existants en sont encore à leurs balbutiements et souffrent d’un manque de ressources et de capacités internes pour se lancer dans des projets à grande échelle. De plus, les femmes cultivatrices d’algues sont exposées à des risques sanitaires importants en raison de l’insuffisance de leurs équipements de protection et de leur exposition excessive à l’eau salée de l’océan. Les femmes se plaignent d’irritations cutanées et d’autres risques liés à cette exposition excessive.

En mettant en œuvre ces recommandations, la Tanzanie peut transformer la culture des algues en un secteur résilient et compétitif qui offre un triple dividende : l’autonomisation économique des femmes, l’atténuation du changement climatique grâce à la séquestration du carbone et le renforcement de l’adaptation des communautés côtières. L’alignement de ces efforts sur les objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 5 (égalité entre les sexes), l’ODD 13 (action pour le climat) et l’ODD 14 (vie sous l’eau), permettrait à la Tanzanie de se positionner davantage comme un leader dans le développement d’une économie bleue inclusive et durable.

  1. Conclusion

La culture des algues marines recèle un potentiel transformateur pour la côte swahilie de la Tanzanie, offrant un moyen de subsistance durable aux femmes, une voie pour atténuer les effets du changement climatique et une contribution au programme plus large du pays en matière d’économie bleue. Alors que le changement climatique continue de nuire à la pêche traditionnelle et aux écosystèmes côtiers, l’aquaculture des algues marines offre une alternative qui autonomise les femmes sur le plan économique tout en fournissant des services écologiques essentiels tels que la séquestration du carbone, la protection du littoral et l’amélioration de la biodiversité marine.

Les données présentées dans cette étude montrent que si la culture des algues joue déjà un rôle important dans l’économie de Zanzibar, représentant près de 90 % des exportations marines, elle reste sous-développée le long du littoral tanzanien dans son ensemble. Des lacunes institutionnelles, techniques, financières et environnementales continuent de limiter son plein potentiel. Les femmes agricultrices sont confrontées à des défis tels que le manque de soutien politique, l’accès limité à la technologie et au financement, et l’exposition aux risques liés au climat. Il est essentiel de s’attaquer à ces obstacles si l’on veut que la culture des algues marines apporte ses doubles avantages : autonomisation économique et résilience climatique.

Des interventions ciblées, notamment des cadres politiques plus solides, une formation améliorée, une valeur ajoutée et des modèles de financement innovants, peuvent libérer le potentiel du secteur. En développant la culture des algues et en l’intégrant dans les stratégies nationales en matière de climat et de milieu marin, la Tanzanie peut se positionner comme un leader dans le domaine de l’aquaculture durable et des initiatives de carbone bleu en Afrique de l’Est.

En conclusion, la culture des algues est plus qu’une activité économique ; c’est une stratégie de développement intelligente sur le plan climatique qui autonomise les femmes, soutient les ménages et renforce la résilience écologique. Pour exploiter ce potentiel, il faut une action coordonnée entre le gouvernement, les partenaires de développement, les instituts de recherche et les communautés côtières. Si elle est menée de manière stratégique, la culture des algues peut contribuer de manière significative à la réalisation des objectifs de développement durable de la Tanzanie, tout en construisant une économie côtière résiliente et inclusive.

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Editoriale

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Flore KAYALA
Journaliste indépendante
Desk: Ressources naturelles et Genre
Coordinatrice ASBL OISILLONS GROUP
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