
Entretien exclusif avec Mme Bernadette Mpundu Mpia, Vice-présidente de la Chambre des Mines en charge de lentrepreneuriat minier, RDC et membre du conseil consultatif de la DRC Mining Week 2026.
Interview Summary:
Mme Bernadette Mpundu‑Mpia, Vice‑President of the DRC Chamber of Mines in Charge of Mining Entrepreneurship and DRC Mining Week advisory board member has built her career around mining legislation, investment facilitation and strategic partnerships. She has worked extensively to connect investors, operators and authorities, with a strong focus on local value creation and inclusivity. Her current projects include structuring copper and gold ventures, strengthening subcontracting networks, and advancing international partnerships to finance mining initiatives. Central to her mission is promoting womens participation in mining, exemplified by her annual Womens Day initiative, now in its fifth year, which equips women with knowledge and opportunities to invest in the sector.
She emphasises that industrialisation, particularly in battery minerals, requires infrastructure development, local processing, regulatory stability and capacity building. Despite challenges in governance and financing, she sees significant opportunities and political will to achieve sustainable industrialisation. Mpundu‑Mpia urges Congolese women to “dare” to enter the industry, pursue training and position themselves confidently, noting that women represent over half the population but less than 10% of mining participants. She concludes that mining is the lever of Congos economic development and must benefit all citizens, contributing to a more inclusive and prosperous future.
Merci de nous accorder cette interview. Pourriez-vous commencer par vous présenter, nous parler de votre parcours jusquà présent ainsi que de votre rôle actuel ?
Bonjour, je m’appelle Bernadette Mpundu-Mpia. Je suis vice-présidente de la Chambre des mines en République démocratique du Congo. Je suis aussi mandataire en mines et carrières, donc c’est ce que veut dire spécialiste de la législation minière en République démocratique du Congo. Et à côté de ça, je suis aussi membre du conseil d’administration de la SEQ.
Alors mon parcours est profondément ancré dans le secteur minier, comme je viens de le dire, où j’interviens à la fois dans la facilitation d’investissement, l’accompagnement des projets miniers et la structuration de partenariats stratégiques.
Au fil des années, j’ai développé une expertise dans la mise en relation entre investisseurs, opérateurs et autorités avec une attention particulière à la création des valeurs locales. mon engagement s’étend également à la promotion d’un secteur minier plus inclusif. ici on parle de la sous-traitance et notamment à travers l’implication accrue des femmes. Voilà ce que je peux dire pour le moment.
Pouvez-vous nous parler de certains de vos projets actuels qui vous enthousiasment particulièrement en ce moment?
Actuellement, je travaille sur plusieurs initiatives liées à la structuration des projets miniers, notamment dans les filières du cuivre et de l’or. Je suis particulièrement engagée dans le développement de partenariats internationaux pour financer et accélérer les projets. Donc, je fais aussi la structuration de la sous-traitance locale afin de renforcer le tissu économique en République démocratique du Congo.
Je fais aussi quand même beaucoup de projets pour la promotion d’initiatives visant à intégrer davantage les femmes dans la chaîne des valeurs minières et notamment d’ailleurs dans la chambre des mines. Je suis l’initiatrice de la Women’s Day qui a connu d’ailleurs, qui connaît sa cinquième édition cette année où on implique les femmes, on leur donne les informations sur le secteur minier pour leur permettre de se rapprocher, d’investir, c’est-à-dire de profiter de la malle minière que nous offre notre République. C’est vraiment un très gros engagement et je m’y attelle chaque année, je fais cette activité-là. Donc c’est pour vous dire que mon engagement est vraiment profond.
Dans le secteur minier, lindustrialisation est un sujet clé, notamment en ce qui concerne les minerais destinés aux batteries.
Que faut-il selon vous pour permettre à la RDC de saisir cette opportunité dindustrialisation du secteur minier ? Quels sont, à votre avis, les principaux défis et opportunités ?
Oui, nous savons tous très bien que l’Airdessie dispose d’un potentiel minier exceptionnel, notamment avec les mineries stratégiques liées à la transition énergétique. Pour réussir son industrialisation, plusieurs éléments sont totalement à tenir en compte, à prendre en compte le développement des infrastructures. Ça, c’est très important. Il y a la transformation locale des minerais. C’est tout aussi important. Et un cadre réglementaire stable et attractif. C’est aussi important. Et puis, y a à côté de ça, la capacitation ou, je peux dire, le renforcement des capacités locales. Les défis restent importants, évidemment, parce qu’il y a les problèmes liés au financement, il y a les problèmes liés à la gouvernance, il y a des problèmes liés aux infrastructures, mais les opportunités sont considérables et en particulier dans la chaîne des valeurs débattrées. Donc les défis ne peuvent pas nous décourager parce que la volonté politique est là, la volonté de la population congolaise est là, nous savons que nous allons surmonter toutes les difficultés pour arriver vraiment à une réelle industrialisation de notre secteur minier parce que c’est la seule manière de pouvoir attraper la valeur ajoutée dont on a besoin pour l’épanouissement de l’économie de notre pays.
En tant que membre du conseil consultatif de la DRC Mining Week, quelle est votre vision pour le secteur minier dans le Copperbelt?
Bon, notre rôle est vraiment important et essentiel parce que nous orientons les thématiques stratégiques et l’événement et nous garantissons sa pertinence. C’est très important. Donc, nous permettons d’aligner les discussions avec les enjeux réels du secteur. Donc, à l’avenir ,il serait vraiment important quand même de renforcer les discussions, surtout de la transformation locale, du financement des projets et de leur rôle pour pouvoir mettre en exergue tous ces aspects-là.
La DRC Mining Week a célébré sa 20e édition lannée dernière. Dans quelle mesure cet événement a-t-il contribué à favoriser le dialogue, le partage de connaissances, linnovation dans les affaires, ainsi que la promotion du rôle des femmes dans le secteur minier ?
Ce que nous pouvons dire, c’est que la DRC Mining Week est devenue une plateforme incontournable. Elle joue un rôle clé. Elle a joué et elle continue à jouer ce rôle clé depuis des années. Ce rôle, c’est favoriser le dialogue entre acteurs publics et privés, c’est très important. Il a joué le rôle de la facilitation du partage des connaissances, c’est très important aussi.
La DRC Mining Week a fait la promotion de l’innovation dans le secteur minier et surtout, DRC Mining Week a mis en avant le rôle des femmes dans le secteur. C’est un véritable catalyseur des partenariats et d’opportunités. Je suis très, fière d’appartenir à ce boulot.
Quel est limportance dun conseil consultatif sectoriel solide pour un événement tel que la DRC Mining Week ?
Je pense que l’advisory board, fort et essentiel pour orienter les thématiques stratégiques de l’événement est garantie sa pertinence, je voulais le dire. Il permet d’aligner les discussions avec les enjeux réels du secteur. Donc, comme je le disais tout à l’heure, à l’avenir, serait vraiment important de renforcer les discussions autour de la transformation locale, financement des projets et prévoir vraiment leur durabilité. Voilà, c’est assez important.
Quelles sont vos idées sur lévolution de cette plateforme ou les sujets qui devraient, selon vous, être abordés ?
La plateforme joue déjà un rôle fondamental, je venais de le dire plus haut. Et j’insiste sur le fait qu’on devrait plutôt mettre un accent sur les discussions qui tendent à l’industrialisation du secteur minier en République démocratique du Congo et apporter des idées novatrices pour l’avancement. Parce que nous devons sortir du cliché de l’extraction et maintenir vraiment un dialogue sérieux et à l’international et à l’interne pour pouvoir réfléchir ensemble sur la grande industrialisation minière en République démocratique du Congo. Aujourd’hui nous parlons déjà de la batterie mais demain je voudrais aussi qu’on puisse ajouter la fonderie, les fonderies pour la transformation de l’or, etc.
Donc nous devons améliorer en tout cas notre thématique par rapport à ça. Donc focaliser surtout sur l’industrialisation parce que ça reste le levier du développement économique pour le secteur minier dans lequel nous travaillons et pour lequel justement ce forum est toujours organisé. Voilà ce que je pense.
Quelle est limportance du WOMEN Mines & Leadership Forum organisé chaque année dans le cadre de la DRC Mining Week ?
Nous organisons au sein de la DRC Mining Week, toujours aussi un forum sur la femme. Ce forum là, en fait, ça reste un levier puissant pour transformer durablement le secteur minier et le rendre plus inclusif. La RDC ne peut pas s’exonérer pour mettre en place pour toute la population, tout au long des années dédiée aux hommes.
C’est un secteur qui donne aussi des possibilités de dépannissement aux femmes parce qu’il y a énormément de matières dans lesquelles les femmes excellent et ces matières dans lesquelles elles peuvent s’épanouir. Le forum dédié aux femmes est très important parce qu’il met en exergue le rôle que la femme doit jouer au faut que la femme arrête de rêver de ce rôle mais il faut vraiment que la femme puisse attraper ce role et s’épanouir dedans. Voilà, c’est très très important.
Vous êtes une femme accomplie dans le secteur minier, encore largement perçu comme un environnement dominé par les hommes. Quel message souhaitez-vous adresser aux autres femmes intéressées par ce secteur ?
Donc mon message pour les femmes est un message très très court et un message que je donne chaque année. Je dis toujours aux femmes que le secteur minier offre énormément d’opportunités pour les femmes. Donc mon message est simple. Femmes, osez, il faut osez, venez dans le secteur. Formez-vous pour pouvoir mériter votre place dans le secteur et puis positionnez-vous. Positionnez-vous parce qu’il a de la place pour tout le monde. Ça reste vraiment un secteur qui peut accueillir le plus grand nombre de femmes possible parce que la place de la femme est encore assez vide. On peut compter du bout des doigts le nombre des femmes qui émergent réellement dans le secteur mini. Or, on est quand même 50 % de la population congolaise.
Donc plus de 50%, 54 % si je m’abuse, de la population congolaise. Et dans le secteur minier, nous ne comptons pas plus de 10 % de participation à tous les niveaux d’activité du secteur. C’est très très peu. Donc femmes congolaises, osez, formez-vous et positionnez-vous dans le secteur minier. Merci.
Merci encore pour votre temps. Auriez-vous un dernier mot ou message à partager ?
Ce que je peux dire pour la fin, c’est que la RDC a eu une opportunité historique de devenir un acteur clé de la transition énergétique mondiale. Cela nécessite une vision claire, des partenariats solides et une volonté d’inclure toutes les parties présentes.
Je reste convaincue pour ma part que le développement du secteur minier doit bénéficier à tous et à toutes et doit contribuer durablement à la croissance du pays. Donc si vous voulez, je peux juste dire que le secteur est le levier du développement, le secteur est le levier du développement économique du Congo. Donc nous devons tous nous impliquer pour que ce rêve d’un Congo meilleur puisse devenir une réalité pour tous. Voilà, merci beaucoup.
Cellcom DRC Mining
