
A l’écart des grands panels de la DRC Mining-week 2026,le centre carter, Justicia ASBL et le consortium MADINI ont organisé avec l’appui d’Alert international , une session parallèle consacrée aux préoccupations des communautés minières, aux droits humains et à la gouvernance responsable des ressources naturelles.
Lubumbashi, 18 JJuin 2026.
En marge de la deuxième journée de la DRC Mining-week 2026,le Centre Carter et le consortium Madini ont organisé une session parallèle destinée à offrir un espace d’expression aux organisations de la société civile et aux communautés vivant dans les zones minières.
Ce cadre alternatif au principal rendez-vous des acteurs du secteur minier venus des quatre coins du monde s’inscrit dans le cadre de la continuité des réflexions de l’ambiguité de participation de la société civile dans les grands forums du secteur minier.
Mettant davantage en lumière les préoccupations des communautés affectées par l’exploitation minière, la session a été marquée par trois thematiques traitées en panels : Le développement des communautés impactées par les activités minières, L’état de mise en œuvre des principes volontaires des Nations Unies sur la sécurité et les droits humains après l’adhésion de la RDC au secrétariat international ainsi que la certification bleue des sites miniers et la formalisation de l’exploitation minière artisanale.

Me Timothée Mbuya président de Justicia ASBL a déclaré :
<<Aujourd’hui le Centre carter, Justicia ASBL et le projet Madini ont organisé une alternative Mining-week dédiée à la société civile et aux communautés locales impactées par l’exploitation minière en RDC plus particulièrement dans la filière cupro-cobaltifère>>
D’après le juriste, il était nécessaire de faire l’état des lieux sur la situation des droits de l’homme, les permis miniers d’exploitation et la situation sécuritaire.
Et de poursuivre
<<La situation a été jugée globalement calme mais avec quelques pics de violations des humains notamment par le fait que dans le Haut-katanga 7 sur 10 entreprises connaissent des envahissements des exploitants illégaux et dans le Lua laba plus ou moins 8 sur 10 sont également victimes de la barbarie des exploitants illégaux appuyés par les personnes politiquement motivées déployant des militaires, des unités spéciales voire la garde républicaine>> A-t-il expliqué.
Les mécanismes de développement jugés peu efficaces.
Au cours des débats, un constat mitigé s’est dégagé concernant les mécanismes censés contribuer au développement local. Les cahiers des charges , la dotation de 0.3% du chiffre d’affaires des entreprises minières destinée aux projets communautaires ainsi que la rétrocession de 14% de la redevance minière aux entités territoriales décentralisées ont été cités comme des outils importants sont l’impact reste malheureusement limité.
Il a été recommandé à l’issue de ce panel , la nécessité de renforcer la transparence, le suivi et l’efficacité de ces mécanismes afin que les bénéfices de l’exploitation minière profitent pleinement aux communautés.
Les droits humains ne sont pas toujours respectés dans les zones minières.
En ce qui concerne les droits humains, les participants au panel ont déploré la persistance des violations observées dans certaines zones minières suite à la présence des militaires sur certains sites.
Une meilleure application des principes volontaires sur la sécurité et les droits humains et la promotion des pratiques respectueuses des droits fondamentaux des populations locales ont été recommandées à la fin de ce panel.

Formalisation de l’artisanat minier comme solution aux problèmes
Les acteurs intervenant à ce panel n’ont eu qu’un seul mot : L’ accélération du processus de formalisation du secteur. Cependant il a été annoncé l’élaboration en cours de la stratégie nationale de formalisation ainsi que les différents outils d’encadrement des exploitants artisanaux.
D’après le panel, une meilleure organisation de l’artisanat minier pourrait contribuer à réduire les conflits, améliorer les conditions de travail et favoriser une cohabitation plus harmonieuse entre exploitation industrielle et exploitation artisanale.
Retenons qu’à travers cette initiative, le Centre Carter, Justicia ASBL et le consortium Madini espèrent contribuer à une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés minières dans les politiques publiques et les pratiques du secteur extractif en faveur d’une gouvernance minière plus inclusive, responsable et respectueuse des droits humains.
Flore KAYALA MUKALA
