
L’inauguration d’un forage d’eau par l’entreprise minière Kambove SA au profit d’une communauté de la province du Haut-Katanga a suscité de nombreuses réactions au sein de la société civile.
Plusieurs acteurs saluent cette initiative mais d’autres estiment qu’elle exhibe les limites du modèle des cahiers des charges communautaires.
Au cœur des discussions houleuses , une question revient avec instance : Les projets financés par les entreprises minières répondent-ils réellement aux besoins prioritaires des populations ?
Certains acteurs disent que l’accès durable à l’eau potable ne devrait pas se limiter à la construction de forages, mais viser des solutions pérennes permettant aux ménages d’être desservis à domicile. Sur ce point, les acteurs ont plaidé pour la réhabilitation et l’extension du réseau de la REGIDESO. Il s’est malheureusement constaté à travers leurs échanges que beaucoup ont perdu confiance dans la fiabilité du réseau public, préférant les forages en dépit de nombreuses interrogations autour de leurs durabilité et mode de gestion.
Signalons que les débats ont également porté sur la définition des priorités, le rôle des facilitateurs et des experts ainsi que les conditions dans les quelles les Communautés négocient avec les entreprises minières.
Quelques acteurs affirment que les populations participent aux choix des projets. D’autres par contre dénoncent un rapport de force inégal et un manque d’encadrement technique.
La question du financement des cahiers des charges est un casse-tête
Les activistes regrettent l’absence de critères clairs pouvant permettre de fixer les budgets consacrés au développement communautaire. Cependant ils déplorent le fait que certaines entreprises n’ont pas signé des cahiers des charges sans être inquiétées.
Au-delà du cas de l’entreprise Kambove Mining SA, les réactions de la société civile traduisent une réflexion plus large sur la responsabilité sociétale des entreprises minières, le rôle de l’État et la nécessité de construire avec les communautés une vision durable du développement dans les territoires affectés par l’exploitation minière.
Flore KAYALA MUKALA
